LA REVUE

Etoiles d'encre 65/66 : Quelles frontières ?

Publié dans REVUE TRIMESTRIELLE

couv EE 65en librairie le 20 mars

Frontières ! Comment interpréter ce mot riche de tant de sens ? Les frontières sont spatiales, temporelles, psychiques, ethniques, sociales bien sûr. Et dans la profondeur de chacune vivent, se côtoient, s’élaborent de multiples sens. Les frontières se déclinent à l’infini.
Frontières ! Le corps des femmes et des enfants : détruisons tous les murs si nécessaire, sauf celui qui protège l’intégrité du corps d’autrui. Une frontière inaliénable. Universellement inaliénable.
Frontières ! L'actualité nous démontre que les frontières géographiques arbitrairement et violemment édifiées ont eu des conséquences sociales, politiques, psychologiques, linguistiques… incalculables. Et ces barbelés-là, sont peut-être les plus inamovibles, les plus dangereux pour l’humanité. (voir l'édito de Behja Traversac)

Carte Blanche à Samira Negrouche qui écrit que notre humanité ne peut toucher à son universalité que si elle accepte un jour de voir l’autre comme soi.

Entretien avec Delphine Dussoubs, directrice artistique et illustratrice, aime cultiver d’autres passions et bousculer les codes en traversant différents médiums de création : animation 2D, Vjing, illustration, sérigraphies et tatouages colorés sur la peau… Elle voyage aussi pour assouvir sa soif de découverte, dépasser les frontières et en ramener des carnets de voyage.

Loup Blaster avec qui elle a créé le collectif BBBlaster vient de Calais et elle nous offre des dessins et photos de la jungle et de la créativité des associations qui rendent ce lieu un peu plus humain.

Feuilletez les premières pages

et celles de l'entretien avec l'artiste.

 



Détails

Genre : nouvelles, poésie et photos d’œuvres artistique
Format : 15 x 21 cm
Pages : 212 - 18 en couleur

9782367951034
15,00 €


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edito

EDITO

On a mis le feu et le feu gagne.

Le feu n’a pas de frontières.

Aldona Januszewski

 Depuis la nuit des temps, c’est elle qui mène le jeu, elle, la frontière. Logée en nous, elle s’impose,  se diffuse insidieusement dans nos manières d’être et de penser. Elle est à la fois objet de désir et de rejet, tour à tour ombre protectrice ou rempart répulsif. Elle est ancrée dans nos têtes. Omniprésente, comme une greffe dont, souvent, parfois (?) on ne veut pas, mais qui pourtant s’enracine dans nos subconscients, sans que nous prenions tout à fait la mesure de ce qu’elle nous dicte silencieusement, subrepticement, à pas feutrés. Un jeu de pistes. Elle gouverne notre relation aux autres. Avançant à visage masqué, c’est sans doute par son silence sur nos intolérances, qu’elle leur permet d’exister. Cette frontière-là rend inintelligible une partie de notre propre être.

Inintelligible ce qui, en nous, admet l’irrationalité du racisme, admet l’infériorisation des femmes, inintelligible ce qui mène à l’agression des enfants.  S’il est des frontières à abattre dans les têtes, c’est bien celles-là.

 Mais la frontière n’est pas que dans nos têtes, elle est partout dans notre environnement, dans notre Histoire.  Songeons à la manière dont les frontières dans le monde ont été dessinées, redessinées, délimitées, déplacées, transformées ou créées de toute pièce, renommées et imposées sans aucun souci pour les peuples qui vivaient alentour, sans souci des relations séculaires qui existaient entre eux, de ce qui les séparaient ou les unissaient, de ce qui a construit l’Histoire de ces territoires qu’on fragmentait et qu’on plongeait dans les conflits les plus dévastateurs. Ce fut, l’apanage de tous les puissants du moment depuis les temps les plus reculés et jusqu’à nos jours. Ce fut le cas sur tous les continents et celui de tous les empires. Le seul souci c’était, c’est encore, agrandir l’empire, soumettre les hommes, s’emparer des richesses. Nous en constatons les ravages chaque jour, chaque heure.

Si cette manipulation des frontières a entraîné des guerres cruelles, des traumatismes, la perte des repères arrimés à un sol, séparant des peuples vivant sur le même espace physique depuis des siècles, elle a, dans le même mouvement, creusé la voie de la discrimination ethnique entre ceux qui se vivaient souvent sinon comme semblables, du moins comme voisins respectueux et respectés, ainsi que le rappelle le texte sur l’ex-Yougoslavie de Marie-Noël Arras. Cette différenciation ethnique s’est toujours exercée entre les vainqueurs et les vaincus, entre les conquérants et les indigènes. Une démarcation se dressant comme un isthme entre deux  mers, faisant s’effondrer l’imaginaire d’un destin commun,  désormais assigné à un étroit critère de couleur de peau, de religiosité ou d’habitudes culturelles.  Le racisme  a sans doute commencé là. Il est au cœur de ce processus de suprématie des puissants de l’heure.

Autrement dit, les frontières géographiques arbitrairement et violemment édifiées ont eu des conséquences sociales, politiques, psychologiques, linguistiques… incalculables. Et ces barbelés-là, sont peut-être les plus inamovibles, les plus dangereux pour l’humanité. C’est cela que dénonce, ici, Elaine Mokhtefi dans un texte lucide et courageux, elle, l’Américaine, bloquée à la frontière d’une Algérie qu’elle a tant aimée. 
 

Behja Traversac

quatrième

couv EE 65 4

sommaire

Sommaire 65/66 : à feuilleter ici.

Edito, Behja Traversac

Carte Blanche à Samira Negrouche : Qui connaît le désert sait qu’il n’est jamais vraiment ouvert et Plus qu'une évocation, une étreinte ( hommage à Chantal Lefèvre)

Une artiste à étoiles d’encre : Delphine Dussoubs  par Marie-Noël Arras  21

Forum  49
Eux/Nous, Rose-Marie Naime 51
Traverser des frontières sans peine, Elaine Mokhtefi 53
De grands cimetières sous la lune, Aldona Januszewski 57
Quelle frontière entre Gestation pour autrui, vente d’utérus et prostitution ? Geneviève Duché 59
Kamel Daoud ou l’écriture de la marge, Yamina Bahi 63
Migrations, Rose-Marie Naime 68
Comment ne pas hurler, Marie-Noël Arras 71
La jungle de Calais vue par Loup Blaster 75

Variations  79
Je suis drap, Mita Vostok 81
Haleine de lendemain, Rachel Cohen 85
Déglingué, Aldona Januszewski 90
Un coeur se froisse, Françoise Trichet 92
Les sentes de l’exil, Marie-Agnès Salehzada 93
À la frontière d’elle, à la frontière d’eux… Fatima Kerrouche 97
Serai-je dieu, table ou cuvette ? Nicole Buresi 103
Traversée, Aldona Januszewski 106
Au bord, Caroline Fouchac 110
Que Jeunesse est belle ! Régine Nobécourt-Seidel 111
Fusion, Marina Pesic 114

Lignes de vie, Ève Duron 115

Mains déchirées aux barbelés, Michèle juan I Cortada 118

Étoile filante, Peggy Sultan 119
Au bout du chemin, Clara Delange 121
Sur le pont, Marilyse Leroux 123
Humanité intégrale et moqueuse, Rose-Marie Naime 125
Passages, Nathalie Bénézet 127
La passion d’Amédée, Muriel Chaler 129
Ce jour porte un crêpe de nuit, Françoise Trichet 132
Cauchemar, Thérèse-Françoise Crassous 133
Nudité, Janine Teisson 137
Honaiahaka, ValérY MeYnadier 139
Radiation, Françoise Trichet 146
La Forteresse des mots, Marina Pesic 147
Le temps retrouvé, Behja Traversac 151

D’une frontière, l’autre 155
Mères enfants devant le mur, Michèle Juan I Cortada 156
Frontières mentales, Monique Chaïbi 157
Plus qu’une frontière à passer, Clara Delange 161
L’ici et le là-bas, Rose-Marie Naime 164
Voyages, Clara Delange 166
Tryptique sur les frontières, Sagia Bassaid 169

D’un art, l’autre 175
Petite suite de poèmes noirs, Annie Devergnas 176
sur La marée noire, Marie-Lydie Joffre
Poétarium, Huguette Bertrand 183
poésie d’Huguette Bertrand, ill. Marie-Lydie Joffre 184

 A livres ouverts  185

Non au système prostitutionnel de Geneviève Duché 186

Cahiers polymères N°1 par Valéry Meynadier

La petite fille sous le platane de posa Cortés par Slimane Aït Sidhoum

Les arbres ne nous oublient pas par Djillali Benchikh

Nos parutions de février à mai 2016

Partages

Abolies, les frontières,  Marie Virolle  201

Remerciements à toutes celles et ceux qui soutiennent cette revue !

artiste

BIOGRAPHIE

Née en 1988, Delphine Dussoubs a toujours eu un goût prononcé pour l’art et l’image. Après un BAC Arts Appliqués et 5 ans d’études dans le cinéma d’animation, elle quitte la France pour le Canada et s’installe à Montréal en 2012 .
Dans la vraie vie, elle est directrice artistique et illustratrice. Cependant, elle aime cultiver d’autres passions et bousculer les codes en traversant différents médiums de création: animation 2D, Vjing, illustration, carnets de voyage, sérigraphies et tatouages colorés sur la peau…
Web : http://cargocollective.com/delphinedussoubs
Blog : http://bbblaster.tumblr.com/dalkhafine
Vimeo : https://vimeo.com/dalkhafine