Les éditions dédient ce site à toutes les femmes qui, depuis 2000, n’ont cessé de nourrir Etoiles d’Encre avec leurs textes, leur poésie, leur art et puis aussi, le plus souvent, la chaleur de leur solidarité et de leur indulgence. Elles sont nombreuses. Elles sont de Montpellier et de Sidi-Bel-Abbès, de Paris et d'Alger, de Marseille et de Lyon, d’Estepona ou d’Alfaz Del Pi, de Tunis, de Rabat, de Montréal et de New York, de Bruxelles et de Genève ou encore de Ramallah et de Jérusalem…
Elles sont liées par d’invisibles traces, par une commune trame de rêves qui puise sa force et sa diversité dans l’art et surtout dans l’écriture.
Cette arborescence de voix est née et s’est déployée dans cette arche entre les rives, dans cet espace de médiation qu’est Etoiles d’Encre. Leurs paroles, dites ou écrites, viennent se côtoyer, s’interpeller, se répondre, s’enflammer, figurer l’arbre de toutes les histoires. L’arbre des vies sous des ciels différents mais que relie ce fil d’argent immatériel : le désir de la création littéraire et artistique. Il se forge là, sous nos yeux, ce lien qui trouve son accomplissement dans l’acte d’écrire (et de lire et de peindre), dans la magie d’un rituel mystérieux où fugitivement mais intensément un peu d’éternité vient féconder la terre d’accueil et de rencontres qu’offre Etoiles d’Encre. Les distances des territoires et des cultures s’effacent, seule demeure la fascination universelle du langage de la littérature et des apartés électifs qu’entretient l’écrivain ou le lecteur avec un texte.
Que cherchent-elles toutes ces femmes qui ne se lassent pas de dire, de s’interroger, d’interroger le monde, d’emprunter cette voie du risque que constitue tout acte littéraire ? Se dédoubler par l’écrit comme dans un miroir ou passer de l’autre côté du miroir ? Ou, au contraire, se fondre dans le miroir des mots ? En expurger le sens ou s’y perdre ? Oui, se perdre d’écrire, nous disent-elles. Graver des mots errants, vibrants, un peu fous, souvent iconoclastes dont elles assemblent fulgurance et douceur en pyramide, en fleuves, en vertiges… Bâtir une polyphonie de la phrase, faire exploser les cadres des pensées convenues, pénétrer les mots comme on pénètre un refuge, comme on préserve un bien précieux, comme on rejoint l’ultime lieu de la tendresse et… de la mémoire. Comme si, pour qu’elles adviennent à la conscience d’elles-mêmes, pour accéder au non-mensonge, il leur fallait traverser les signes sur la page et faire de l’écriture leur secrète demeure. Des écritures itinérantes qui voyagent au gré de leurs émotions, au cœur de leur imaginaire, de ses replis intimes et mystérieux. Elles nous content des places ouvertes sur la mer déversant leur substance, leurs couleurs, leurs odeurs, leurs jardins, les fastes passés ou à venir de l’histoire de la vie.
La parole de ces femmes que nous accueillons dans cette revue et qui nous accueillent par leurs récits, est la vitre brisée du réel, le legs créatif, sans lequel aucun peuple n’a pu ni ne peut vivre. Tout peuple et tout être a besoin de l’artiste, ce transfuge en perpétuel déplacement. D’un univers l’autre, constamment ici et ailleurs, il transfigure le réel et même, souvent, la vraisemblance. C’est en cela que son universalité se reconnaît : dans l’errance, la migration, plutôt que dans des lieux clos.
Ces femmes si passionnément de toutes les rives, comme nous, si passionnément de la littérature, comme nous, ont fait d’Etoiles d’Encre, pour elles comme pour nous, une échappée hors des remparts, une aventure vers les paysages expatriés du monde. Il leur faut, il nous faut, nous arrimer là où se joignent la beauté du texte et le tumulte de la vie.
Etoiles d’Encre est une jonction, un pont, qui s’est construit avec passion, avec acharnement, avec désespoir parfois devant… l’immensité de la tâche à mener à trois ou quatre. Mais, toute œuvre n’existe-t-elle pas que par le petit nombre de ceux ou celles qui la tissent au jour le jour, qui la portent aux creux de leurs paumes chaudes, complices et fortes ?
Behja Traversac
Appel à textes
Etoiles d'encre est une revue thématique qui paraît deux fois par an. Vous pouvez envoyer vos textes avant fin mai et fin octobre.
Vous pouvez aussi trouver vous-même l'illustration de votre texte (elle sera imprimée en noir et blanc) et nous l'envoyer en .jpeg avec les références (nom du photographe, de l'illustration elle-même et date). Elle sera bien entendu soumise au comité de lecture.
Que celles qui ont envie de se joindre à nous pour raconter leurs expériences de vie, leurs aventures, leurs voyages à la rencontre d'eux-mêmes et des autres nous donnent des nouvelles ! Nous les attendons avec curiosité et amitié.
Envoyez vos textes
avant fin mai 2010 pour
“Ce jour-là” octobre 2010
Un jour le temps s'est arrêté. Un jour nous sommes égratignées par la vie. Un jour l'éblouissement. Unique. Seulement soi à le vivre. Un jour le déluge et un jour le soleil. Un jour l'espoir incandescent et un jour le deuil. Un jour à vivre qui ne ressemble à aucun autre jour. Juste celui-là qui a tout promis ou tout trahi. Un jour, toi, moi, nous, dans l'éphémère et l'éternité de ce jour-là. Trouver dans sa mémoire ce jour pas comme les autres qui a laissé sa trace sur notre peau et que nous avons envie de livrer aux pages de ce numéro ou aux quatre coins du monde.
Envoyez vos textes
avant fin octobre 2010 pour
L’étranger- mars 2011
En combien de sens se décline le mot étranger ? être étranger ici ? là-bas ? hier ? aujourd’hui ? En temps de guerre, en temps de paix ? être étranger à l’autre, être l’étranger de l’autre ? être étranger en soi et étranger hors soi ? L’étranger est décidément ce miroir dans lequel chacun peut voir son reflet, cet « autre-autre », quintessence de la différence et de la ressemblance, méprisé et craint, inaccessible, inconcevable…
être l’étranger intérieur – dont la figure de la femme est l’icône – et l’étranger extérieur – celui dont la langue, la peau, l’histoire sont différentes ? être étranger n’est-ce pas être sur une terre de dissidence ? Celle, peut-être, de la renaissance, de la vitalité, de l’élection
Vos textes, d'un maximum de 10 000 signes, doivent nous être adressés uniquement par courriel accompagnés de vos coordonnées et de quelques lignes biographiques.
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l'autre c'est moi aussi
Ecrit par: shahrazed () le 19-11-2007 15:02