- Samedi 10 Mars, au Mille feuilles à Bièvres- Dédicace à 15h30
www.millefeuilles.biz/
-Samedi 24 Mars, librairie Martin Delbert à Agen.
www.martin-delbert.fr/
Initialement il y avait le goût du mot dans la bouche,
du souffle sur les lèvres, la parole comme une présence de la langue dans le
corps et du corps dans la langue, une italianité florentine du verbe haut et
chantant, de la vitesse et du son de la langue – toutes les langues comme
étrangères et sonores. Il y avait la lignée du Sud, l’aède et le troubadour,
Orphée et la musique pour aider la mémoire. Mnémosyne ou la mémoire et le poème
– et le goût de faire fondre en paroles l'écrit dans la bouche et que l'encre
devienne voix, le visible audible pour que se puisse entendre au double sens
d’ouïr et de comprendre ce quelangue
veut dire. Il y avait, sans y penser, le « dirécrire » en un seul mot
quand la langue est parlée même lorsqu’on l’écrit et écrite quand elle parle.
Elle pesait 47 kilos, elle en a pesé 31 : 16 kilos envolés.
Elle est devenue enfant plume.
16 kilos qui n’ont pas été perdus pour tout le monde. 16 kilos de poussière de fer qui nous font la respiration petite et saccadée.8 kilos de plomb sur chaque pied qui nous désapprennent à danser, à bondir de joie. 16 kilos étirés sur tout notre corps, à même la peau, en carapace d’acier.
L'auteur, pendant dix ans, tient le journal de cette traversée de la douleur qu'est l'anorexie de son
enfant. Elle fait le récit d'une aventure périlleuse, pour la jeune fille qui met sa vie en jeu et pour
ses parents, décapés par le désespoir, acculés à la recherche de leur vérité.
Elle ne tait rien de l'angoisse qui la brise, de l'aide qu'elle reçoit ou qui ne vient pas, de la guérison
qui tarde.
Et la jeune fille enfin renaît. Cette maladie, qui semblait appel vers la mort, se révèle séisme de vie,
remue-ménage intérieur, avancée vers la joie.
Ce témoignage est un message de patience, de courage et d'amour.
Ta mort pourtant pousse à la vie. Une vie au présent. Ebouriffée, ouverte
aux courants d’air. Insaisissable, constante et grave. Une vie amante. Une vie
troublante. Si jeune au monde et sage. Une vie qui se suffit d’aimer. Une bouche à mordre
quand on le dit. Vie. C’est ton absence qui me l’a appris. Au tableau noir,
première du rang, je l’ai bien vu,
c’était écrit lorsque tu es parti.
« Les jours blancs, ce sont les jours sans. Sans la présence d’un
être à jamais disparu. Comme tant d’autres, j’ai vécu douloureusement l’envol
de mes filles. Dans le cas d’Hélène Pradas-Billaud, c’est son frère qui lui
manque cruellement. Il y a tout juste dix ans, ce très jeune grand reporter [
Pierre billaud] que j’avais apprécié à RTL était tué par les talibans avec deux de ses confrères en Afghanistan. Comme elle ne pouvait
plus lui parler, Hélène a écrit à Pierre. Sous forme romancée et très poétique.
C’est l’enfance qui remonte des sous sols de la mémoire, leur enfance, leurs rêves, leur désir commun d’absolu. Il y a beaucoup de sensualité
dans ce texte. Beaucoup d’espoir aussi en une vie meilleure, immaculée. Où va
le blanc quand fond la neige ? » Patrick POIVRE D’ARVOR
Immortalisant
Bou-Saâda et une Algérie disparue, la palette chatoyante de Dinet (1861-1929) a
séduit puis lassé : rejet, oubli ont remisé ses toiles, comme celles
d’autres peintres orientalistes, dans les greniers et les réserves de nos
musées d’Occident. Pourtant, ses œuvres battent aujourd’hui les records des
ventes aux enchères : musées et particuliers, particulièrement du Moyen-Orient,
lui assurent une cote jamais égalée.
Les textes contenus dans ce numéro traitent de ce thème majeur du rapport entre le féminin et le masculin. Les auteures le traitent à leurs manières singulières, parfois avec ...