Chèvre-feuille étoilée éditions - Compagnie
Atelier Théâtr'Elles... Quels liens?
Bien avant nous Théâtr'elles a donné la parole aux femmes de la Méditerranée :
"Depuis1978, l'Atelier Théâtr'Elles s'attache
à faire émerger et rendre publique la parole des femmes de méditerranée. Ce
faisant, nous cherchons à décrypter l'identité méditerranéenne et à tisser des
liens entre les peuples à partir de nos pratiques culturelles et artistiques.
1992 a été marqué par le premier colloque
international "Femmes en
Méditérranée et écriture", avec la participation des femmes de Grèce,
d'Espagne, d'Italie, d'Algérie, de Tunisie et du Maroc. Ce fut le temps fort de
la création "Les marches de sable", adaptée du roman d'Andrée Chedid,
auteur née en Egypte, aux racines libanaises. Ce fut également la première
venue à Montpellier du groupe "Aïcha" d'Alger.
Précisant notre démarche, nous avons les années
suivantes privilégié pour des raisons de solidarité, la collaboration avec les
femmes algériennes, créant la même année "Les enfants du mendiant",
pièce de l'auteure algérienne Myriam Ben et "Kitman", un ensemble de
textes d'hier et d'aujourd'hui, très actuels que nous devons à Christiane
Achour. Un colloque important sur le
thème "Méditerranée - Paroles de
Femme : des Algériennes dans l'Ecriture", a marqué également cette
année 1995.
En 1996, tout en gardant active notre solidarité
avec les femmes algériennes, nous avons pensé important de prendre en compte la
parole des femmes venues de la rive sud mais vivant sur la rive nord. D'où une
initiative sur un quartier intitulée "Parole vivante - facteur
d'intégration". Dans cet esprit de la parole vivante c'est à dire la parole
à partir de soi, nous avons créé "Aléfa", une adaptation du roman d'Andrée Chedid "La cité fertile".
En 1997, poussées par nos interrogations sur les
rapports sud-nord, conscientes d'une nécessaire ouverture et d'un besoin
d'échange, nous sommes allées à la rencontre des femmes du nord. Nous avons
jeté les voiles vers d'autres mers, d'autres côtes, la côte Est de l'Atlantique
Nord, d'où notre thématique : "Méditérranée
- Parole de femme d'une mer à l'autre pour une rencontre sud-nord".
Pour cela nous avons créé la pièce "L'âge des marées", une adaptation
des textes de l'auteur québécois Sylvain Rivière. Après les représentations à
Montpellier, nous sommes parties au Québec pour 3 mois invitées par le Théâtre
de la Parlure aux Îles de la Madeleine pour y représenter le spectacle et nous
sommes allées à la rencontre des femmes des îles qui affrontent notre époque et
tentent de préserver leur identité. Ces femmes trouvent de plein pied leur
place dans notre démarche artistique et sociale."
Le 8 mars 1998 Théâtr'elles fête ses 20 ans !
Lors de cet événement
auquel ont été associées plusieurs associations Behja Traversac et moi-même,
dans le cadre d'une association de Solidarité avec les femmes algériennes avions
invité quelques écrivaines de la revue "Algérie Littérature / Action" pour témoigner de "La résistance à travers la création
littéraire féminine en Algérie".
Parmi ces auteures Maïssa Bey et Dominique le Boucher. Ce fut cette rencontre qui fut décisive.
L'idée de créer une maison d'éditions de femmes en
Méditerranée a pris naissance ce jour-là.
"Filles du silence"
adaptation du roman "Cette fille-là" de
Maïssa Bey.
Adaptation, mise en scène et lumière de Jocelyne
Carmichael
Avec Sylvie Conan, Isabelle Peuchlestrade (Suite
de la distribution en cours).
Décors Gilles Daumon; musique et voix Farida ;
costumes Lolette.
A propos de "Cette fille là".
"J'ai
tout simplement envie de dire ma rage d'être au monde, ce dégoût de moi-même
qui me saisit à l'idée de ne pas savoir d'où je viens et qui je suis
vraiment"
Avec ce roman Maïssa Bey comme son héroïne lève le
voile sur les silences des femmes et de la société dans laquelle elles vivent,
sur les tabous, les principes si arriérés, si rigides parfois qu'ils n'engendrent
que mensonges.
Maïssa Bey nous parle des petites filles nées de
pères et de mères inconnus. Il s'agit en soi d'un drame absolu et pourtant ce
drame dans la société algérienne revêt un caractère plus terrifiant encore.
L'écriture ici devient alors arme et, avec elle c'est une belle voix qui sonne,
celle de toutes les petites filles de l'Islam et du monde qui prennent enfin
leurs statuts de femme en main.
L'adaptation par Jocelyne Carmichael de ce roman
fort et lumineux reste fidèle à l'essentiel de la douleur et de l'espoir que
Maïssa Bey transmet dans ses écrits où l'humour et l'ironie ont une belle
place.