A la memoire d'un ange

le . Publié dans Collection D'une fiction, l'autre

A la mémoire d'un angeen librairie le 6 novembre

1940-1944. Pauvre ou riche, artisan ou banquier, illettré ou lettré, le Juif est identifié, spolié, condamné, promis à la solution finale. Ses biens matériels, culturels, sont aryannisés.
À partir d’un fait réel que lui a confié la petite fille d’une femme emmenée en camp d’extermination depuis Allauch, non loin de Marseille, où elle habite, Michèle Juan i Cortada a imaginé cette fiction. Trois adolescents marseillais ont un exposé à faire sur la spoliation des biens juifs à Marseille pendant la guerre de 1939-1945.
De recherches en trouvailles, d’une étape à une autre, ils découvrent des vérités, les faits historiques, des abominations, des élans de solidarité, et des secrets de famille qui feront basculer leur destin. Un portrait de femme les aidera dans leur recherche.

Feuilletez les premières pages

Lisez cette critique


 

 

Détails

Genre : Roman
Format : 14,5 x 21 cm
Pages : 172

978-2-36795-014-3
7,00 €


Voir le produit dans la boutique

auteure

Michèle Juan i Cortada  née le 18 août 1942 à Marseille, de parents catalans.
Dès sa plus tendre enfance, Michèle est bercée par les histoires de Mallorque, la famille, l'enfance de son père, les histoires de "là-bas"… À l'âge de six ans, dans un contexte particulier, dans une atmosphère d'inquiétude et de dangers, son père l'emmène à Mallorque et la laisse là pendant six mois. Pour la petite fille délurée qu'elle est, ce sont les grandes vacances malgré l'école qu'elle suit avec les autres enfants du village. À son départ, elle est transformée, a oublié sa langue maternelle et rentre en France pétrie des coutumes du pays, mais aussi des mystères du village et des secrets de famille… Les plaies de la guerre civile ne se refermeront pas si vite. Ainsi, quelques quarante années plus tard germera l'idée d'écrire un roman, d'abord intitulé "Le Compromis", puis rebaptisé "Très de Mayo" publié au Chèvre-feuille étoilée en 2002. Un conte pour enfant écrit pour sa petite fille atteinte d’un cancer : Pauline à New York n’a pas encore été publié.

fiche pédagogique à l'intention des enseignants

c'est ici

extrait

Une harpe, un clavecin, des piles de partitions, et le piano où joue Marianne.
– Qui joue de la harpe ? demande Augustin.
– Ma mère.
Augustin s’approche de l’instrument en bois de sycomore blanc, pince une corde. Il lit à haute voix : V.B.
– V.B. ce sont les initiales de ta mère ?
– Non. Ma mère c’est M.M. : Mathilde Maillol.
– Cette harpe a appartenu à une autre femme peut-être ?
– C’est sûr ! Tu es d’un romantisme ! Viens voir, plutôt.
Dans une vitrine, un violon au vernis mystérieux est posé sur un coussin de velours rouge. Baptiste le sort de son tabernacle,
il le tend à Augustin avec solennité.
– Une merveille ! dit Augustin.
– Joue, lui dit Baptiste.
Augustin tremble, mais il joue. Mathilde Maillol vient d’entrer.
– « À la mémoire d’un ange », murmure-t- elle, Alban Berg, pour Mutzi.
Augustin hoche la tête.
– Mutzi ? demande Baptiste.
– La fille d’Alma Mahler, dit Mathilde, morte si jeune. Pourquoi as-tu choisi l’adagio Augustin ?
– Cette musique est comme le souffle éperdu de Mutzi qui ne veut pas mourir. Et moi, je joue sa délivrance.
Augustin a fermé les yeux. Il rend le violon à Baptiste. Mme Maillol prend Augustin dans ses bras, l’embrasse, le remercie.
– Avec toi, Baptiste a trouvé un ami. Tous ses amis d’enfance sont à Aix. Il ne les voit plus.

critique

Voici un livre découvert grâce à Masse critique, et une nouvelle fois je ne regrette pas le tirage au sort.
A la mémoire d'un ange a la particularité de nous parler de la seconde guerre mondiale sous un angle nouveau : l'histoire du famille juive pendant l'occupation, racontée par 3 jeunes pris de curiosité pour le sujet. A partir d'un sujet d'histoire, ces adolescents se retrouvent au coeur d'un secret de famille dont il ignoraient tout. de recherches en découvertes, ils vont découvrir les injustices nazis mais aussi et surtout le courage de ceux qui ont bravé les risques pour aider les juives de France.
Michèle Juan i Cortada signe ici un roman très agréable. Si les débuts sont un peu perturbant dans le style de narration, on se prend au jeu des découvertes, et nous voici piqués par la curiosité : Que cache donc les grand-parents? Qu'a t'il bien pu arriver à cette famille? Sous cette fiction on ressent la douleur de famille séparée et le risque pris par les hommes et les femmes leur venant en aide d'une façon ou d'une autre.
En bref, un roman rafraîchissant, qui sous couvert de passer un agréable moment, nous fait prendre un peu plus conscience des douleurs de la 2de guerre mondiale