Du 22 mai au 1er juin La Maison pour Tous Georges
Sand - 25bis ave St André de Novigens à Montpellier,
reçoit le 24 mai à 19h Elaine Mokhtefi,
peintre New-Yorkaise, pour le vernissage de son exposition : New
York-Nouveau Mexique et, à 18h, Behja
Traversac pour la présentation et des lectures
extraites d'un beau livre : Sortilèges sahariens
Clara est partie vers un ailleurs que l'on dit meilleur.
« Non ! Lili, répliquerait-elle, pas avec moi, à moins que tu ne considères comme un ailleurs un trou rempli d'asticots. Quant au meilleur, je te laisse seule juge, ma belle...»
Les héroïnes de ce roman, qui nous arrive de la Réunion, sont deux amies.
Clara, qui aime comme elle déteste, jusqu'au bout du monde.
Clara l'amoureuse des mots, qui un jour se sentant trahie par eux décidera de ne plus écrire à personne et Lili, la narratrice, gaie, insouciante, qui déteste et aime comme tout le monde. Rarement jusqu'au bout.
Entre elles, il y a la vie, les enfants, les voyages, les hommes, surtout ceux de Clara : Diego le cousin espagnol qui se cherche et Simon, l'Attenteur, joueur singulier qui attend Clara.
Entre elles, il y a aussi des lettres étranges d'Amérique du Sud. Mais qui en sont les auteurs ?
Des inconnus ou Clara, malgré sa promesse de ne plus écrire ?
Entre attente, exaltation, mystère et désarroi, ce roman traduit la constance d'une grande amitié.
Lili, un jour, n'aura plus peur d'aimer et finira par entendre Le rire d'Irène.
[…] Mais pourquoi Histoires minuscules ? Pourquoi choisir de raconter les révolutions par des histoires singulières ? Parce que les révolutions sont arrivées par la grâce de héros minuscules, et que si elles existent c’est par leur vertu de mettre enfin l’homme – la femme – au centre du devenir arabe, chassant Dieu et la Nation. […] Pour de nombreux héros minuscules de ce livre c’est un commencement. C’est la première fois que l’une fait l’amour, que l’autre parle, et que ce vieux, très vieux cairote né pendant la révolution de 1919 conduite par le Warf, rejoint les autres, sort de sa solitude et se dirige en fauteuil roulant dans son costume de marié vers la Place Tahrir pour rejoindre les autres avec qui, enfin, il fait un.
Ce livre est, en effet, un voyage initiatique au cœur des Révolutions arabes. Son ambition et sa force ne sont pas de répéter ce qui s’est dit partout ailleurs sur ces bouleversements, mais de creuser au fond du secret de l’intime, de l’inavoué, de l’imaginaire de chacun des auteurs. Une belle et étrange excursion sous le prisme de quarante et une subjectivités pour regarder naître, se chercher, se réfléchir, réfléchir le monde dans lequel elles ont vu le jour, ces révolutions, qui demeurent, malgré tout, aussi extraordinaires qu’inédites.
Initialement il y avait le goût du mot dans la bouche,
du souffle sur les lèvres, la parole comme une présence de la langue dans le
corps et du corps dans la langue, une italianité florentine du verbe haut et
chantant, de la vitesse et du son de la langue – toutes les langues comme
étrangères et sonores. Il y avait la lignée du Sud, l’aède et le troubadour,
Orphée et la musique pour aider la mémoire. Mnémosyne ou la mémoire et le poème
– et le goût de faire fondre en paroles l'écrit dans la bouche et que l'encre
devienne voix, le visible audible pour que se puisse entendre au double sens
d’ouïr et de comprendre ce quelangue
veut dire. Il y avait, sans y penser, le « dirécrire » en un seul mot
quand la langue est parlée même lorsqu’on l’écrit et écrite quand elle parle.
Ta mort pourtant pousse à la vie. Une vie au présent. Ebouriffée, ouverte
aux courants d’air. Insaisissable, constante et grave. Une vie amante. Une vie
troublante. Si jeune au monde et sage. Une vie qui se suffit d’aimer. Une bouche à mordre
quand on le dit. Vie. C’est ton absence qui me l’a appris. Au tableau noir,
première du rang, je l’ai bien vu,
c’était écrit lorsque tu es parti.
« Les jours blancs, ce sont les jours sans. Sans la présence d’un
être à jamais disparu. Comme tant d’autres, j’ai vécu douloureusement l’envol
de mes filles. Dans le cas d’Hélène Pradas-Billaud, c’est son frère qui lui
manque cruellement. Il y a tout juste dix ans, ce très jeune grand reporter [
Pierre billaud] que j’avais apprécié à RTL était tué par les talibans avec deux de ses confrères en Afghanistan. Comme elle ne pouvait
plus lui parler, Hélène a écrit à Pierre. Sous forme romancée et très poétique.
C’est l’enfance qui remonte des sous sols de la mémoire, leur enfance, leurs rêves, leur désir commun d’absolu. Il y a beaucoup de sensualité
dans ce texte. Beaucoup d’espoir aussi en une vie meilleure, immaculée. Où va
le blanc quand fond la neige ? » Patrick POIVRE D’ARVOR
Elle pesait 47 kilos, elle en a pesé 31 : 16 kilos envolés.
Elle est devenue enfant plume.
16 kilos qui n’ont pas été perdus pour tout le monde. 16 kilos de poussière de fer qui nous font la respiration petite et saccadée.8 kilos de plomb sur chaque pied qui nous désapprennent à danser, à bondir de joie. 16 kilos étirés sur tout notre corps, à même la peau, en carapace d’acier.
L'auteur, pendant dix ans, tient le journal de cette traversée de la douleur qu'est l'anorexie de son
enfant. Elle fait le récit d'une aventure périlleuse, pour la jeune fille qui met sa vie en jeu et pour
ses parents, décapés par le désespoir, acculés à la recherche de leur vérité.
Elle ne tait rien de l'angoisse qui la brise, de l'aide qu'elle reçoit ou qui ne vient pas, de la guérison
qui tarde.
Et la jeune fille enfin renaît. Cette maladie, qui semblait appel vers la mort, se révèle séisme de vie,
remue-ménage intérieur, avancée vers la joie.
Ce témoignage est un message de patience, de courage et d'amour.
Les textes contenus dans ce numéro traitent de ce thème majeur du rapport entre le féminin et le masculin. Les auteures le traitent à leurs manières singulières, parfois avec humour, Anne Guerber - avec profondeur, Catherine Rossi, Rosa Cortès - avec érudition, Hélène Echinard - passionnément, Sadia Barèche - avec militantisme, Wassyla Tamzali - sans concession Marie Malaspina - percutant, Aldona Januzewski - sous forme de conte, Violette Bizeau et avec ce quelque chose de caustique, Valéry Meynadier... Nous ne pouvons toutes les nommer.
Le cruel sultan Shahraiar, durant mille et une nuits fut
captivé par les contes de Shéhérazade. Janine Teisson, transposant l'œuvre
célèbre, met en présence Azad, le poète musicien, et la sultane Yasmina qui a
pour règle de ne jouir qu'une seule nuit de ses amants et de les faire exécuter
au matin. Ce cher Azad, maître des mots et de l'art érotique
saura-t-il désarmer et séduire la sultane, et comme la princesse des
Mille et nuits, sauver sa vie ?
Immortalisant
Bou-Saâda et une Algérie disparue, la palette chatoyante de Dinet (1861-1929) a
séduit puis lassé : rejet, oubli ont remisé ses toiles, comme celles
d’autres peintres orientalistes, dans les greniers et les réserves de nos
musées d’Occident. Pourtant, ses œuvres battent aujourd’hui les records des
ventes aux enchères : musées et particuliers, particulièrement du Moyen-Orient,
lui assurent une cote jamais égalée.
Livre de photos, pour la plupart inédites, de femmes célèbres des années 50, 60 et 70
réalisé par Marie-Noël Arras et Janine Lattes, la femme du reporter-photographe.
Préface de Juliette Greco
Elles nous ont tour à tour séduits, passionnés, subjugués, conquis, émus.
Elles qui nous ont accompagnés, elles, qu’avant nous, nos parents ont aimées.
Toutes ont en commun un destin d’exception.
Elles sont ici immortalisées par l’œil amoureux et sensible du photo-journaliste Jean Lattès.
Les textes contenus dans ce numéro nous disent non seulement la polysémie du mot « étranger » mais aussi sa densité. Presque chacune des auteures l’a traité sous un angle différent quelle que soit la rubrique ou le genre utilisé.
Dans sa très belle carte blanche, Sophie Bessis et les auteures qu’elle a choisi de convoquer sur ce thème,
Catherine Simon, Leïla Sebbar, Sandra Bessis, Aldona de Januszewski, Nadia Tazi, Mechtild Gilzmer, Zakya Daoud, Monique Cerisier Ben Guiga, Catherine Shan et pour les illustrations, Federica Matta, Eve Luquet, Catherine Shapira, Witold Januszewski, Elaine Mokhtefi et Jean Lattes, nous en donnent toutes les entrées et révèlent la résonance quasi magique de ce mot.
Les éditions Chèvre Feuille Etoilée ont été créées en janvier 2000 et poursuivent leur chemin grâce aux liens de coeur que nous, Behja Traversac, Edith Hadri, Maïssa Bey et Marie-Noël Arras, quatre femmes des deux rives, entretenons avec la littérature, avec l'Algérie et avec la Méditerranée. Nous avions travaillé ensemble depuis plusieurs années, à divers titres, autour de la parole, de la mémoire et de l'écriture des femmes.
Site édité avec le concours du Centre National du Livre