Ta mort pourtant pousse à la vie. Une vie au présent. Ebouriffée, ouverte
aux courants d’air. Insaisissable, constante et grave. Une vie amante. Une vie
troublante. Si jeune au monde et sage. Une vie qui se suffit d’aimer. Une bouche à mordre
quand on le dit. Vie. C’est ton absence qui me l’a appris. Au tableau noir,
première du rang, je l’ai bien vu,
c’était écrit lorsque tu es parti.
« Les jours blancs, ce sont les jours sans. Sans la présence d’un
être à jamais disparu. Comme tant d’autres, j’ai vécu douloureusement l’envol
de mes filles. Dans le cas d’Hélène Pradas-Billaud, c’est son frère qui lui
manque cruellement. Il y a tout juste dix ans, ce très jeune grand reporter [
Pierre billaud] que j’avais apprécié à RTL était tué par les talibans avec deux de ses confrères en Afghanistan. Comme elle ne pouvait
plus lui parler, Hélène a écrit à Pierre. Sous forme romancée et très poétique.
C’est l’enfance qui remonte des sous sols de la mémoire, leur enfance, leurs rêves, leur désir commun d’absolu. Il y a beaucoup de sensualité
dans ce texte. Beaucoup d’espoir aussi en une vie meilleure, immaculée. Où va
le blanc quand fond la neige ? » Patrick POIVRE D’ARVOR
Elle pesait 47 kilos, elle en a pesé 31 : 16 kilos envolés.
Elle est devenue enfant plume.
16 kilos qui n’ont pas été perdus pour tout le monde. 16 kilos de poussière de fer qui nous font la respiration petite et saccadée.8 kilos de plomb sur chaque pied qui nous désapprennent à danser, à bondir de joie. 16 kilos étirés sur tout notre corps, à même la peau, en carapace d’acier.
L'auteur, pendant dix ans, tient le journal de cette traversée de la douleur qu'est l'anorexie de son
enfant. Elle fait le récit d'une aventure périlleuse, pour la jeune fille qui met sa vie en jeu et pour
ses parents, décapés par le désespoir, acculés à la recherche de leur vérité.
Elle ne tait rien de l'angoisse qui la brise, de l'aide qu'elle reçoit ou qui ne vient pas, de la guérison
qui tarde.
Et la jeune fille enfin renaît. Cette maladie, qui semblait appel vers la mort, se révèle séisme de vie,
remue-ménage intérieur, avancée vers la joie.
Ce témoignage est un message de patience, de courage et d'amour.
Les textes contenus dans ce numéro traitent de ce thème majeur du rapport entre le féminin et le masculin. Les auteures le traitent à leurs manières singulières, parfois avec humour, Anne Guerber - avec profondeur, Catherine Rossi, Rosa Cortès - avec érudition, Hélène Echinard - passionnément, Sadia Barèche - avec militantisme, Wassyla Tamzali - sans concession Marie Malaspina - percutant, Aldona Januzewski - sous forme de conte, Violette Bizeau et avec ce quelque chose de caustique, Valéry Meynadier... Nous ne pouvons toutes les nommer.
Le cruel sultan Shahraiar, durant mille et une nuits fut
captivé par les contes de Shéhérazade. Janine Teisson, transposant l'œuvre
célèbre, met en présence Azad, le poète musicien, et la sultane Yasmina qui a
pour règle de ne jouir qu'une seule nuit de ses amants et de les faire exécuter
au matin. Ce cher Azad, maître des mots et de l'art érotique
saura-t-il désarmer et séduire la sultane, et comme la princesse des
Mille et nuits, sauver sa vie ?
Immortalisant
Bou-Saâda et une Algérie disparue, la palette chatoyante de Dinet (1861-1929) a
séduit puis lassé : rejet, oubli ont remisé ses toiles, comme celles
d’autres peintres orientalistes, dans les greniers et les réserves de nos
musées d’Occident. Pourtant, ses œuvres battent aujourd’hui les records des
ventes aux enchères : musées et particuliers, particulièrement du Moyen-Orient,
lui assurent une cote jamais égalée.
Livre de photos, pour la plupart inédites, de femmes célèbres des années 50, 60 et 70
réalisé par Marie-Noël Arras et Janine Lattes, la femme du reporter-photographe.
Préface de Juliette Greco
Elles nous ont tour à tour séduits, passionnés, subjugués, conquis, émus.
Elles qui nous ont accompagnés, elles, qu’avant nous, nos parents ont aimées.
Toutes ont en commun un destin d’exception.
Elles sont ici immortalisées par l’œil amoureux et sensible du photo-journaliste Jean Lattès.
Les textes contenus dans ce numéro nous disent non seulement la polysémie du mot « étranger » mais aussi sa densité. Presque chacune des auteures l’a traité sous un angle différent quelle que soit la rubrique ou le genre utilisé.
Dans sa très belle carte blanche, Sophie Bessis et les auteures qu’elle a choisi de convoquer sur ce thème,
Catherine Simon, Leïla Sebbar, Sandra Bessis, Aldona de Januszewski, Nadia Tazi, Mechtild Gilzmer, Zakya Daoud, Monique Cerisier Ben Guiga, Catherine Shan et pour les illustrations, Federica Matta, Eve Luquet, Catherine Shapira, Witold Januszewski, Elaine Mokhtefi et Jean Lattes, nous en donnent toutes les entrées et révèlent la résonance quasi magique de ce mot.
Hortense ouvre la porte.
— Mais, mais, qu’est-ce que c’est ? C’est ça ta salle de bain ?
— Oui, c’est ça, et tout fonctionne. Mais ne prends pas de bain, seulement
une douche pour aujourd’hui. Tu veux que je t’aide ?
Patricia ne répond pas. Elle est fascinée par la pierre verte veinée de noir
qui luit sous les nombreuses petites ampoules hollywoodiennes qui entourent
le grand miroir art déco.
La rencontre improbable entre Patricia, une jeune fille en rupture poursuivie par « Trois types en cuir noir et crânes rasés », et Hortense, une très vieille dame qui a plus d’un tour dans son sac, va déclencher une série d'événements dangereux, drôles ou touchants.
Edition en poche de ses conférences
S'il suffisait de définir ou de redéfinir des valeurs pour vivre ensemble et conduire sa vie, il y a longtemps que cela se saurait car ce ne sont pas les systèmes de valeur qui manquent : religions, philosophies, idélologies en proposent à foison. Le problème se situe ailleurs, c'est sur l'homme, sur chacun de nous que s'appuient les valeurs, c'est de nous qu'il dépend qu'elles ne soient pas impostures.
C'est parce que Claude Ber articule la littérature, la poésie - qui sont présence au monde - et la réflexion sociale, que ce livre est d'une importance particulière...
Chaque livre de Cécile Oumhani est pour moi un chant de voyage. Un chant d’amour aussi. Elle exprime son humanité, l’attention qu’elle porte aux autres et dépasse les frontières pour aller à la rencontre de la vérité de chacun de ses personnages. Elle dit à sa manière, sensible et forte, les désarrois, les failles, mais aussi les désirs et la lumière que nous portons en nous. C’est pourquoi nous nous sentons si proches d’Ahlam et de May que nous allons avec elles « Plus loin que la nuit ». Maïssa Bey
« Une femme du Sud quitte famille et patrie parce qu'elle casse (avec douleur) les chaînes qui la maintiennent en servitude,
et au bout d'une longue marche se retrouve dans le Grand Nord où une
femme différente et semblable veut se libérer de liens moins tragiques
mais tout aussi insidieux. Roman riche, plein, nécessaire, Cécile
Oumhani signe là un grand roman d'aujourd'hui. » Hugo Marsan
Les éditions Chèvre Feuille Etoilée ont été créées en janvier 2000 et poursuivent leur chemin grâce aux liens de coeur que nous, Behja Traversac, Edith Hadri, Maïssa Bey et Marie-Noël Arras, quatre femmes des deux rives, entretenons avec la littérature, avec l'Algérie et avec la Méditerranée. Nous avions travaillé ensemble depuis plusieurs années, à divers titres, autour de la parole, de la mémoire et de l'écriture des femmes.
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