Les éditions Chèvre Feuille Etoilée ont été créées en janvier 2000 et poursuivent leur chemin grâce aux liens de coeur que nous, Behja Traversac, Edith Hadri, Maïssa Bey et Marie-Noël Arras, quatre femmes des deux rives, entretenons avec la littérature, avec l'Algérie et avec la Méditerranée. Nous avions travaillé ensemble depuis plusieurs années, à divers titres, autour de la parole, de la mémoire et de l'écriture des femmes.
Site édité avec le concours du Centre National du Livre
Jeanne et Jeanne, les sœurs siamoises, les inséparables. Vierge folle et vierge sage. Et inversement. À l’écart des autres. Il y avait elles, et nous.
Comme dans les histoires d'enfants où dans les clairières peuvent survenir les loups, et parce que les libellules, en anglais, s'appellent dragons, c'est l'histoire d'une petite fille qui se fait manger par un ogre. C'est également l'histoire d'une amitié en miroir, entre deux Jeanne, où dans les jeux de reflets, l'une d'elle finit par se retrouver. C'est enfin l'histoire d'une rivière et de la lumière entre les feuilles, qui peut dissiper les ombres quand on apprend à la regarder.
Rarement texte évoque avec autant de force la violence inouïe que peut subir une femme, des femmes. Rarement évocation du viol et de la prostitution fut aussi douloureusement, aussi intimement écrite et pourtant
renvoyant sans cesse à des faits réels. À force d’écrire, le réel nous prend en otage. Nous ne serons jamais quittes du réel ; il dépassera toujours la fiction... écrivait un jour Valéry Meynadier. Elle reste fidèle à cette idée dans ce romandocument.
Comment et pourquoi la burqa s’invite-t-elle dans le débat politique et social français ?
Pourquoi des personnes vivant dans un pays laïc, où les femmes revendiquent la parité des droits et des devoirs entre les sexes, éprouvent-elles le besoin de soustraire leur corps et leur visage aux yeux de leurs concitoyens ?
Pourquoi des femmes nées dans un pays laïc, ouvert, choisissent-elles de s’extraire des usages du vivre ensemble ?
Trois époques, de la colonisation aux années 90.
Trois femmes, Djeyhmouna Monique et Claudia.
De Djeyhmouna l’ancêtre, petite paysanne soustraite à un sort terrible par Ismaël, homme juste et aimant - personnage librement inspiré de la vie de Thomas Ismaël Urbain - à Claudia qui part sur les traces d’une histoire familiale chahutée par l’Histoire, Janine Teisson, dans ce texte, mêle avec subtilité et justesse trois voix de femmes.
à voir sur Biblioblog
à écouter sur Radio Clapas avec Laure Méravilles
« De qui était-elle l’amie, l’amante ? De quel auteur ancien ? Abou Nuwas, peut-être ? Elle-même poétesse, elle portait le nom parfumé de Janane. Janane, qui signifie en arabe : cœur, âme, substance... Certains auteurs l’ont appelée Jinane : Jardin, Paradis.
Ce livre est le récit des destinées croisées de deux familles également horticoles dont l’une est une dynastie de peintres. L’histoire étrange d’une mallette de peinture en bois vernis « tombée » par hasard entre les petites mains d’un enfant au cours du dramatique exode de sa famille, et restituée quelques années plus tard comme par miracle à son légitime héritier.
Et plus tard se produira l’étonnante rencontre. Elle, Djehane, la fille de cet héritier-là, retrouve l’ancien enfant à la mallette, devenu homme et à peine plus âgé qu’elle. Elle va l’emmener de l’autre côté de la Méditerranée, dans ce pays qu’elle aime déjà… »
L'interculturalité qui constitue partout les sociétés modernes est-elle concevable sans le regard ? Comment "voir", comprendre l'Autre sans le regard qu'on porte sur lui ?
Carte blanche à Catherine Rossi
Du faubourg st Antoine au Maghreb, l’aquarelliste dont les peintures accompagnent cette revue depuis plus de huit ans s’interroge sur le regard qu’elle pose ainsi sur l’Autre :
“ Le regard, le dessin, l'architecture sont également affaire de partage, de dialogue et d'échange.”
Après « Itinéraire d'une délinquante juvénile», Eugénia Patrizia Solda continue pour nous son parcours et nous plonge dans la France des années 60.
A dix-sept ans, elle étouffe dans une famille dont elle ne peut accepter l'étroitesse et l'hypocrisie et se retrouve aussi confrontée à une société de classes, encore bardée de rejets et oùelle, la Ritale, peine à trouver des repères.
Avec une finesse et une justesse qui donnent le ton de ce livre, elle nous décrit une France ouvrière où, dans les ateliers de confection, l'arrogance et le mépris des chefs faisaient courber la tête des « petites mains », la France d'avant mai 68 où sont déjà perceptibles les frémissements et la révolte d'une jeunesse qui rêvait de briser les carcans.
Ce livre est la suite du récit d'Un demi siècle de la Vie d'une femme paru en 2002.